Lauréat du concours de nouvelles : prix Singularity 2015

Pour la première édition du prix Singularity, nous remercions et félicitons  tous les participants pour leur passion et leur originalité.

Comme dans tous les concours, il y a un seul vainqueur. Et c’est avec une grande joie que nous remettons le prix Singularity 2015 pour son originalité et l’application de toutes les consignes  à ….

Stéphane Renard

Bravo Stéphane vous avez reçu un bon d’achat Amazon d’une valeur de 50 € et vous bénéficiez d’une séance de coaching ( avec une super coach, drôle et efficace, c’est à dire moi 🙂 )  lol ! à bientôt pour notre échange via Skype.

Mais tout de suite, découvrez avec autant de plaisir que le jury du prix Singularity,  la nouvelle gagnante :

Singularité-Zéro

 

Marion s’installa tranquillement sur le fauteuil, et les techniciens commencèrent à lui installer les électrodes, elle était incroyablement calme, à chaque séance elle m’étonnait davantage. Comment cette fille qui s’était inscrite au programme zéro pour payer ses études avait-elle réussi à progresser si rapidement en méditation ?

A raison de cinq séances d’une heure par semaine, Marion était, parmi les dix patients du programme zéro, celle qui progressait le plus rapidement. En fait, si je gardais les dix autres, c’est parce que mon programme de recherche avait été taillé pour l’analyse de dix sujets, mais il était désormais clair pour chacun des membres de l’équipe que seule Marion pourrait s’approcher de l’objectif. Les autres serviraient tout au plus de contrôles négatifs.

Il y a 3 mois, je n’étais même pas sur de trouver un financement pour ce programme, et je n’étais pas sur d’y croire moi même, mais son côté pluridisciplinaire a finalement été décisif pour décrocher ce contrat européen. Nous allions tenter de nous rapprocher le plus de ce que nous avions baptisé l’instant zéro, par la pratique régulière de la méditation, et un usage modéré d’électrostimulations. L’humain lambda est quasiment incapable de se tenir au présent. Nos pensées divaguent sans cesse. « Penser à faire les courses tout à l’heure, … pourquoi m’a-t-il dit ça hier, c’était vexant ? ». D’ailleurs les théories les plus récentes sur le stress et l’anxiété montrent des corrélations étonnantes entre notre capacité à nous projeter dans le futur ou à regretter le passé et le niveau de stress.

Alors nous avions décidé d’aborder le problème à rebours, de ramener des sujets à l’instant présent, afin de voir si ce retour au présent se traduisait par des niveaux moins élevés de stress. Phase I du programme, prendre des sujets sains, sans expérience de la méditation, et tenter de les rapprocher de ce que nous appelions l’instant zéro, le degré zéro de décalage entre l’activité du cerveau et la conscience de l’instant présent. Phase II, mesurer l’impact sur le stress. Nous venions de commencer la phase I, nous testions les détecteurs que nous avions conçus. Tandis qu’un réseau d’électrodes posées sur le crane des patients enregistrait les ondes cérébrales, un programme mathématique de notre composition comparait ces signaux pour mesurer l’écart, aussi infime soit il, entre la pensée et l’instant perçu par la pensée. Les sensations d’un côté, recueillies par les électrodes posées sur les zones sensorielles, la conscience de l’autre représentée par l’activation des zones cognitives. La comparaison des deux, nous l’appelions la divergence, plus elle se rapprochait de zéro, plus le sujet était dans l’immédiat, et se rapprochait d’une expérience intense du présent.

9 de nos sujets étaient quasiment incapables de se concentrer sur l’instant présent, les trois quarts des séances étaient polluées par des pensées parasites, et dans les quelques minutes où ils réussissaient à être vraiment présents à eux mêmes, eh bien nous ne pouvions fixer le seuil de divergence trop bas, à peine une seconde, faute de ramener des enregistrements vierges.

Marion, elle, s’était totalement investie dans l’aventure, dès la troisième séance, elle pulvérisait les records avec des divergences frôlant la milliseconde, à tel point que nous nous demandions si nous avions bien étalonné nos appareils. Mais nous sentions qu’il se passait quelque chose d’inédit, même sa température corporelle baissait, et pourtant, elle était si incroyablement présente, que nous sentions comme une vague de chaleur émaner du caisson d’isolation.

« -Regarde Marc, il se passe quelque chose que nous n’avions jamais enregistré.». Le scanner s’affolait. Le compteur passait régulièrement en dessous de la milliseconde. Andréa, notre mathématicienne, qui avait par moments la fibre mystique jura « Putain, mais c’est Bouddha ou quoi? ». Philippe pianotait pour changer la sensibilité de l’affichage à l’écran. Nous n’avions jamais espéré atteindre un tel niveau.

Les ondes cérébrales de Marion atteignaient des degrés de synchronisation inouïs. J’en étais à me demander si c’était simplement possible pour un réseau de cellules, de putain de neurones, de monter une chorégraphie réglée à la milliseconde. Et puis soudain, je fus encore plus sidéré : les ondes ne faisaient pas que s’harmoniser, elles étaient en train de s’éteindre. « C’est un coma ? Marc !!! Il faut décrocher, je pense qu’on met sa vie en danger. ». Mais je n’entendais pas, moi même je ne faisais plus qu’un avec la courbe qui oscillait sur l’écran. La courbe ? Non ce n’était plus qu’un point. Je n’étais plus qu’un point. Le prochain point s’afficherait dans bien longtemps, jamais. J’étais Marion, je suis Marion, je suis l’instant… Il n’y a qu’un point et nous y sommes tous réunis. Je sens l’humanité qui me rejoint. Je suis Andréa. Je suis Philippe. Je suis le passant dans la rue, je ne passe plus. Je suis. Je Suis.

***

La police ne veut faire aucune déclaration sur les morts simultanées de tous les occupants de l’immeuble abritant le laboratoire de neuropsychiatrie. La rumeur parle d’une toxine relarguée dans l’atmosphère, sinon comment expliquer que des piétons aient eu aussi succombé dans la rue au pied de l’immeuble ? Les appareils, eux, continuent à enregistrer des ondes cérébrales, mais les électrodes ne sont plus reliées…

Stéphane Renard : lauréat du prix Singularity 2015

Voilà, voilà 

Nous sommes très heureux Stéphane d’avoir croisé votre plume, comme celle d’Aurélie* ( votre dauphine).

J’ai lancé ce concours car je crois que vraiment que de nombreux talents n’ont besoin que d’un coup de pouce pour éclore. J’ai eu besoin à une époque des concours de nouvelles pour prendre confiance en moi, donc je sais bien ce que cela représente pour les participants. Certaines ont été sélectionnées d’autres non.  Mais ce n’est pas important car ce qui compte, c’est que tout le monde à fait un pas en avant. Le plus difficile à gérer pour un auteur, c’est le jugement des autres. C’est un métier public. On s’expose et parfois jusqu’à notre âme.

Vous n’avez pas gagné cette année ? Pas grave, recommencez l’année prochaine !  Le prix Singularity débutera le 15 septembre 2016. D’ici là vous avez le temps de commencer à laisser germer quelques idées 🙂 Personnellement, j’ai parfois été sélectionnée mais je n’ai jamais gagné aucun concours de nouvelles. En revanche, j’ai gagné en expérience et maintenant je suis l’auteure d’un roman humoristique de science-fiction avec 19 commentaires très positifs sur Amazon. Les goûts les couleurs que voulez vous… Il suffit de regarder les commentaires des romans pour comprendre que c’est subjectif. Si vous voulez vous faire idée du mien  le lien est ici)

Dans tous les cas BRAVO à tous et MERCI de la confiance que vous nous avez accordée. C’était un honneur et un privilège de vous lire et nous vous attendons tous pour l’année prochaine.

PS : pour *Aurélie Debas et sa nouvelle « Le Vendredi » nous en sommes en pleine réflexion. Est-ce judicieux de la rendre publique ou pas ?  Je suis d’avis qu’elle la transforme en roman et par conséquent que son idée et sa chute ne soient pas dévoilées (car très très originales) Je l’aiderai autant que je le peux avec toutes les techniques que je connais plus mon métier de coach et thérapeute. Maintenant, le choix lui appartient.

L’avantage d’un concours informel, c’est que l’on fait ce que l’on veut.  Et j’adore la liberté de mon concours : souple, personnalisé mais exigeant !!! ( je m’auto-congratule  🙂 )

Encore bravo et merci à tous. 

N’oubliez pas de liker, de tweeter, de partager de laisser un commentaire pour Stéphane. Si vous avez aimé, faites lui savoir car rien ne peut faire plus plaisir que d’avoir un retour. Soyez généreux et prenez quelques petites minutes de votre précieux temps pour confirmer son travail et son talent 🙂

A bientôt

Marjorie Moulineuf

Ne laissez pas Google nous séparer et engloutir ce merveilleux site 🙂 Gardons le contact !

Marjorie Moulineuf

Auteure, thérapeute et coach, Marjorie accompagne les auteurs aussi bien sur l'aspect technique que sur la motivation. Spécialiste de la PNL et de l'hypnose, elle partage sur ce blog des astuces et des conseils pour faire de son roman, un livre inoubliable et captivant.

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10 réponses

  1. Danny KADA dit :

    Je suis totalement emballée par cette nouvelle de Stéphane Renard. Excellentissime. Sincèrement, je la trouve absolument géniale et la chute est parfaite.
    Et cela fait fantasmer : et si, coller à l’instant présent comme le proclament les Maîtres, aboutissait à cette conséquence. Plus du tout de vie de la pensée puisque pour que la pensée existe, il faut qu’elle soit en mouvement. Et pour qu’il y ait mouvement, elle va nécessairement aller du passé au futur, du présent au passé…
    Je félicite ce brillant lauréat.

    • Marjorie Moulineuf dit :

      Merci pour lui Danny. Moins de 6000 caractères et Stéphane remet en cause la notion de l’instant présent avec une efficacité redoutable 🙂 Le fond et la forme = lauréat du prix Singularity 2015 🙂

    • renardweb dit :

      Interprétation intéressante!! Je suis d’autant plus content d’avoir laissé la fin ouverte quand je vois les conclusions intéressantes qui en sont tirées. Cela donne envie d’écrire plusieurs courtes suites suivant les interprétations.

  2. Jean-Philippe dit :

    Effectivement, joli travail de la part de Stéphane ! Cette nouvelle se lit en un « instant » fluide et envoutant. 😉

  3. Merci pour cette superbe nouvelle ! J’adore le thème choisi : l’instant présent. Combien il est difficile, c’est vrai, d’atteindre le réel instant présent, notamment lors d’une séance de méditation. Quasiment impossible je crois.
    C’est très original d’y avoir pensé, Stéphane 🙂
    Par contre, la chute, qui est géniale, je n’aimerais pas que ça m’arrive lol. Je ne suis pas assez « élevée » pour vouloir me fondre à ce point dans l’Univers.

    • Marjorie Moulineuf dit :

      Merci Marjorie
      Oui c’est très original effectivement 🙂
      Est-ce que la vie c’est le mouvement ou la projection de ce mouvement ? On demandera à Stéphane 🙂

    • renardweb dit :

      voilà une interprétation assez proche de mon idée originale en écrivant ce texte, mais je me suis retenu de signaler une impression bienheureuse sur les traits des différentes personnes retrouvées à la fin du texte pour ne pas trop orienter le lecteur.

  4. Jennifer dit :

    apparemment, il peut être dangereux d’atteindre l’instant présent… Stéphane n’encourage pas à méditer… franchement… j’veux tuer personne, moi ! Bon allez, le renard va encore décoller du sol devant un compliment supplémentaire… pfff !

    • renardweb dit :

      Rassurez vous, la méditation est une pratique tout à fait géniale. Soit ce sont les électrodes de ces scientifiques inconscient qui ont tout fait déraper, soit toutes ces personnes ont accédé à une éternité bienheureuse dont la pratique de la méditation peut nous donner un avant gout délicieux.

Ajoutez votre grain de sel, pour encore plus de saveur !

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