3 idées reçues concernant l’altruisme

« C’est à chaque homme de décider s’il marchera dans la lumière de l’altruisme créatif  

ou dans les ténèbres de l’égoïsme destructeur. »

Martin Luther King

C’est quoi l’altruisme au juste ? Est-ce pareil que la générosité ? 

L’altruisme est un sentiment désintéressé d’amour et/ou de connexion pour autrui qui peut être instinctif ou réfléchi. Il s’oppose à l’égoïsme. En philosophie, l’altruisme est le principe du comportement qui fait du « bien » des autres individus, la finalité ultime d’une action. Autrement dit, on a un comportement altruiste lorsque l’on fait des choses dans l’intérêt de l’autre sans que (a priori) cela nous rapporte quoi que ce soit, ni aucun avantage. C’est un peu différent de la générosité, car la générosité n’exige pas le désintéressement préalable à l’altruisme. L’altruisme est le niveau de connexion et d’interaction le plus complexe, alliant à la fois : la générosité, l’empathie et la compassion. Trois notions bien différentes que l’on fout pourtant dans le même panier.

3 idées reçues concernant l’altruisme

1) « Je suis une personne altruiste si je me sacrifie pour les autres »

Faux ! Tous les comportements altruistes sont basés sur le respect du vivant et même des choses. Le sacrifice ou la privation ne sont pas une condition préalable à l’altruisme. Le respect de soi et l’amour propre sont à l’origine de comportements bienveillants envers les autres. Plus vous êtes bien dans votre peau et dans votre tête, moins vous aurez besoin de vous montrer « généreux » et ainsi flatter inconsciemment votre ego. Les « saints » ou les « Mères Térésa » ne se sacrifient pas, mais au contraire combattent et se battent pour ce qu’ils trouvent juste de faire. Ce combat n’est pas un sacrifice sans respect de soi, mais bel et bien une affirmation de soi et de ses valeurs.

2) «  L’altruisme, c’est pour les Bisounours ou les bobos parisiens ! Le monde est une jungle…»

Faux ! L’altruisme concerne tout le monde. Les mammifères survivent et évoluent grâce à l’altruisme de leurs géniteurs et la coopération du groupe. Aucun mammifère, de la souris, du loup, à l’éléphant en passant par l’homme, ne peut survivre sans l’altruisme de leurs aînés. Dès la naissance, de par notre condition de mammifère, nous sommes empathiques et enclins génétiquement à coopérer. Notre mode de vie, notre culture, notre vision de l’économie nous poussent à devenir égoïstes et surtout égocentriques. L’altruisme comme la liberté est dans notre nature et d’ailleurs, c’est pour cette raison que l’on se sent si bien, lorsque l’on agit de façon vraiment désintéressée. Il n’est plus question d’ego, d’émotions ou de calculs, mais de « justesse » dans l’instant présent.

3) « Les personnes altruistes sont toujours dans  les émotions »

Faux ! Puisque l’homme à la capacité de se projeter et d’anticiper l’avenir, il possède également la capacité de décider de son futur. Pour nos convictions et nos projections sur un futur meilleur, nous sommes capables d’être altruistes par anticipation. C’est-à-dire de faire ou au contraire ne pas faire certains actes qui pourraient nuire à l’avenir. Par exemple, dans les tribus amérindiennes, il était de coutume d’extrapoler les conséquences d’une décision, sur les quatre prochaines générations. S’ils estimaient que les conséquences seraient négatives dans le futur, ils cherchaient une autre solution. Dans ce cas de figure, l’altruisme est un raisonnement purement intellectuel et non émotionnel. L’humain utilise sa capacité de projection, pour faire du « bien » aux autres individus et cela à travers l’espace et le temps.  À méditer, non ?

Bon à savoir

Sauf si votre objectif est d’être canonisé ou d’en finir avec le cycle des réincarnations (chacun ses croyances), vous ne pourrez pas toujours adopter un comportement purement altruiste.

L’altruisme ne peut pas être un but en soi, mais plutôt un principe ou une éthique personnelle. On ne naît pas altruiste ou égoïste, on le devient. Difficile d’être désintéressé dans nos sociétés occidentales hyper concurrentielles où l’on nous apprend dès la naissance à tirer la couverture à soi et à se créer une image idéalisée de soi. Cependant, à chaque instant, il nous est possible de faire des choix un peu plus altruistes.

Ne rejetez pas non plus l’égoïsme !

Porter un intérêt profond et particulier à soi, à son conjoint, à ses enfants, à sa famille, à son entreprise ou à ses centres d’intérêt est aussi nécessaire. Nous faisons des choix à chaque instant. Certaines de nos décisions sont plus égoïstes que d’autres et c’est tout à fait normal, car nous sommes des êtres complexes. Nous ne sommes pas tout le temps égoïstes, pas plus que nous ne pouvons être altruistes en permanence.

« L’égoïste n’est pas celui qui vit comme il lui plait, mais celui qui demande aux autres de vivre comme il lui plait.

L’altruiste est celui qui laisse les autres vivre leur vie sans intervenir. »

Oscar Wilde

La pensée altruiste exprime un souhait avant les actes.

Le souhait que l’autre trouve ce dont il a besoin. Pas en fonction de ce que nous pensons que  l’autre  doit ou mérite de recevoir, mais en fonction de ce que nous sommes en capacité d’offrir sans aucun espoir d’obtenir un retour sur « investissement », une récompense ou même de la gratitude. L’altruisme est rare, car c’est une forme de générosité très élevée, libre et gratuite et qui s’affranchit de la morale, des dogmes, de la bien-pensance, des institutions et de n’importe quelle hiérarchie divine ou terrestre.

Avantages de l’altruisme

Si vous avez déjà rendu un service à un total inconnu, aidé quelqu’un sans en tirer aucun profit, sauvé un animal ou un insecte d’une mort certaine, donné quelque chose à quoi vous teniez, mais dont l’autre avait encore plus besoin que vous, vous savez déjà la sensation de plénitude que ces actes procurent. C’est tout bête, mais faire du bien à quelqu’un sans rien attendre en retour et sans avoir aucun lien ni d’affection ni de connaissance nous repose et nous permet de vivre l’instant présent sans calcul ni anticipation.

Les bénéfices inconscients d’actes altruistes sont nombreux. Ils rehaussent notre estime personnelle, nous donnent le sentiment d’être utile et de connexion avec les autres et la nature. Ils nous apaisent, car nous coopérons au lieu d’être en concurrence les un des autres.

Inconvénient de l’altruisme

Il n’y en a pas, sauf si le comportement altruiste est confondu avec le sacrifice de soi. C’est-à-dire que l’individu oublie son propre bien en faveur exclusive des autres. À moins de rentrer dans des ordres religieux ou sectaires, il n’y a aucune raison de se sacrifier pour être altruiste et vouloir le bien de chacun. Être désintéressé ne sous-entend pas qu’il faut vivre dans le besoin ou le manque. C’est une croyance héritée de notre culture religieuse qui voudrait que seuls les « saints », les pauvres, les démunis ou les simples d’esprit puissent avoir des comportements altruistes.

Permettez-moi de partager une anecdote personnelle

Il y a quelques années, sur une petite route en rase campagne, perdue en Picardie, un type dans une grosse BMW noire me collait et n’arrêtait pas de me faire des appels de phare. Il me stressait sérieusement et je lui faisais signe de me doubler s’il n’était pas content, car je ne roulais pas très vite. Pour tout dire, je commençais à m’énerver et à l’injurier copieusement retrouvant mes réflexes parisiens. Il a fini par déboîter, me doubler tout en m’obligeant à me garer derrière lui, sur le bas-côté. Il est descendu de sa voiture, a ouvert le coffre et farfouillé dedans. Je me posais mille questions à la fois en colère, inquiète, suspicieuse, le pied sur l’embrayage prête à redémarrer : «  qu’est-ce qu’il me veut, qu’est-ce qu’il fait ce con ? »

Il a trouvé ce qu’il cherchait et s’est approché de ma fenêtre.

«  Votre pneu arrière droit est complètement dégonflé, vous allez finir par crever, m’a-t-il annoncé. Si vous voulez, j’ai une bombe anti-crevaison, cela vous permettra de tenir jusqu’au prochain garage. » Je suis restée plantée comme une abrutie tout le temps qu’il s’occupait du pneu. J’ai bredouillé plusieurs merci. Mon cerveau buguait, le scénario qui se déroulait entrait en totale contradiction avec la colère et l’inquiétude que j’avais éprouvées quelques minutes auparavant. Il m’a souri, m’a recommandé de ne pas rouler trop vite et est reparti aussi tôt sans rien demander ni attendre quoi que ce soit.

J’ai pleuré toute seule dans ma bagnole pendant au moins cinq minutes, tant son acte désintéressé m’avait bouleversé et réconcilié avec la (ma) nature humaine.

Les actes altruistes ceux que l’on donne comme ceux que l’on reçoit nous procurent une immense paix et joie intérieure. Un sentiment d’harmonie et/ou de connexion.

Les bonnes pratiques de l’altruisme en développement personnel

Entrainez-vous sur des petites choses qui correspondent à vos valeurs et pour lesquelles vous savez que vous n’aurez ni remerciements ni félicitations ni même de reconnaissance. L’altruisme n’est pas forcément naturel et instinctif. Le comportement altruiste résulte aussi d’un raisonnement totalement conscient.

Par exemple :

Prendre le temps de retirer des branches d’un parcours de VTT alors que vous-mêmes êtes à pied.

Ramasser des déchets dans la nature alors que personne ne le saura jamais et que cela ne changera pas la face du monde.

Laisser une chance aux animaux, aux insectes ou aux plantes même s’ils ne sont pas beaux, vous font peur ou souffrent d’une mauvaise réputation.

Sourire à un inconnu qui vous semble triste ou à un enfant que vous croisez.

Faire l’appoint si quelqu’un manque de quelques sous pour acheter ce dont il a besoin devant vous à la caisse.  (Ne confondez pas l’altruisme avec la charité, car la charité s’adresse aux nécessiteux donc l’intention de départ n’est pas du tout la même.)

Vous pouvez également lire l’article sur WikiHow :  » comment être altruiste » afin d’élargir vos opinions concernant l’altruisme.

Faites l’expérience et jugez par vous-mêmes les bénéfices de l’altruisme

Qu’éprouvez-vous lorsque vous avez fait le choix de donner de vous-même sans aucun retour possible à quelqu’un qui ne vous a rien demandé et qui (a priori) n’avait pas besoin de vous ?

Avez-vous le sentiment d’avoir perdu votre temps, votre énergie ou au contraire, vous sentez de façon indicible que vous êtes plus vivant, plus conscient, plus connecté à votre environnement et aux autres ?

Il y a t-il des profils de personnalité plus altruistes que d’autres ? 

Sur les 9 profils de l’ennéagramme, un profil se démarque dans ses relations aux autres. Le profil 2 dit « l’altruiste »  est éminemment tourné vers les autres mais cela ne signifie pas forcement que sa pensée est altruiste. Si vous voulez connaitre votre profil de personnalité faites le test, ça prend 2 petites minutes et vous aidera à mieux cerner et utiliser vos ressources et vos forces dans la vie ! Cliquez sur ce lien pour faire le test.

Tous les types de personnalité sont concernés par l’altruisme. Cependant, c’est évidemment plus facile d’avoir un raisonnement altruiste quand on se sent bien dans sa peau, que l’on sait pourquoi on agit de telle ou telle façon, que l’on se sent serein et que l’on a une bonne et stable estime personnelle.

En bref, l’altruisme est  le niveau de connexion  le plus élevé qui puisse exister entre les êtres vivants.

Les vrais comportements altruistes, purement désintéressés, ont un impact extrêmement important à la fois sur l’individu qui pratique et sur ceux qui en reçoivent les bienfaits. L’altruisme, contrairement à la pitié, à la générosité ou la charité, n’avilit jamais ni ne rend redevable celui qui en bénéficie. Et pour la libertarienne que je suis, c’est un des actes les plus nobles qu’un individu souverain puisse accomplir pour un autre individu souverain. 

Quel que soit notre profil de personnalité on veut tous la même chose finalement : être heureux et rendre les autres heureux autant que faire se peut. Le jour où vous aurez envie d’atteindre cet état d’esprit de quiétude, entamez une quête héroïque. Je ne connais rien de plus efficace que cette technique pour en finir avec son passé et aller de l’avant sereinement. ( Les mots quête et héroïque ont éveillé votre curiosité ? Normal, j’ai réagi comme vous le jour où j’ai entendu ces mots pour la première fois ! )

Marjorie Moulineuf

3 réactions au sujet de « 3 idées reçues concernant l’altruisme »

  • Sandro

    Hello Marjorie !
    Je suis content de retrouver ton site, refait à neuf et avec déjà des choses à lire, franchement bravo c’est chouette. C’est moi où cette adresse n’était pas accessible ? Je suis passé encore cet été… Et je découvre tout ça le jour où je publie mon roman, avec un article aussi sur mon blog ça faisait un moment… Waow ! C’est excellent.
    Superbe article, j’adore. Je m’en vais lire les autres avec enthousiasme 🙂

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    • Marjorie Moulineuf

      Merci Sandro 🙂 Non, c’est vrai, le site n’était plus accessible pendant longtemps. Bref je redémarre autre chose et on verra bien ce qu il se passe. Je pense que je vais aussi faire plus de vidéos. Félicitations pour la publication de ton roman, je te souhaite beaucoup de succès car ton travail est de grande qualité.

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  • jacky bourgogne

    Excellent article qui définit parfaitement les bases de l’altruisme.
    Je me permettrai juste d’ajouter que « l’on récolte toujours ce que l’on sème  » et que dans ce monde si interactif « l’amour est tout aussi contagieux que la haine ». A nous de choisir notre camp.

    Les gens ont tort de penser que les gens trop bons sont souvent jugés trop « cons ». Un bienfait est toujours récompensé tôt ou tard. C’est une loi naturelle qui échappe par ailleurs à toute croyance. C’est d’ailleurs entre autres, ce que je développe dans mon livre « Les 3 lois de la sagesse universelle ».

    Merci pour cet article et bonne continuation chère amie.

    Amicalement
    Jacky

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